Passer au contenu

Là où vous emmènera le courant

Vous avez tendance à suivre “naturellement” votre chemin dans la vie ? Et si au bout, c’était un mur ?

Saviez-vous que vous êtes dans un monde qui fait tout pour vous éviter de réfléchir ? Un monde qui trace votre voie sans vous demander votre avis. Un monde qui vous emmène peut-être dans le mur, et vers lequel vous allez tranquillement avec le sourire.

Céline, 20 ans,  est une femme qui est dans cette situation : intelligente, un parcours honorable, un poil nonchalante, et une grosse louche de laisser-aller. Je l’ai secoué comme un prunier. Résumé d’une rencontre animée.

Souvenez-vous du Lycée

Vous-vous souvenez du Lycée, à l’époque ou vous étiez censé choisir votre orientation professionnelle ? Si vous êtes comme la majorité, vous aviez des rêves, mais vous étiez paumés, et pas grand monde pour vous aider.

Céline, comme beaucoup, au moment de choisir son orientation professionnelle, était comme dans une gare avec plusieurs trains au départ :  le choix entre plusieurs destinations prédéfinies, plus ou moins attirantes. Céline a choisi la voie royale : prépa puis école de commerce. “On” lui disait que ça lui ouvrait des portes, et qu’elle n’était pas obligée de choisir tout de suite.

Une question simple, mais pas de réponse

“POURQUOI” ? C’est la question que je lui ai posé. Simple comme question, non ? Vous savez quoi ? Cette question l’a profondément déstabilisé. La question est simple, mais pas la réponse.

Au début, elle a cherché la “bonne” réponse : “j’ai choisi une école de commerce parce que j’aime le management”. Évidemment, je lui ai expliqué clairement que management ne veut pas dire grand chose, qu’il n’y avait pas de bonne réponse, mais SA réponse.

Un long silence s’est installé. En fait, Céline ne s’est jamais trop posé de questions, et s’est toujours laissé emmener par le courant. Elle ne le dit pas, mais cela ne fait pas de doute. Selon elle, elle a choisi une voie qui “ouvre des portes”… mais quand on lui demande quelle porte ouverte l’intéresse, elle ne sait pas répondre. Imaginez s’il s’agissait de pousser une porte fermée, elle n’oserait même pas toquer.

Le moment de secouer

C’est là que j’ai été “CASH”.

Je lui ai dit que si elle ne s’obligeait pas à réflechir sur elle même, personne ne le ferait à sa place;

Je lui ai dit d’arrêter d’être spectatrice et de devenir actrice;

Je lui ai dit qu’elle était dans un “système”, le système éducatif français, qui a une fâcheuse tendance à tout normaliser, à tracer des routes pour les étudiants sans forcément se demander si la route convient à chacun;

Je lui ai dit que si ce système lui convenait, le système de beaucoup de grandes entreprises lui conviendrait également, ou des parcours de carrières sont tracés à l’avance, et qu’elle pourra évoluer sans même se poser la question de ce qu’elle a vraiment envie de faire;

Je lui ai dit que si elle continuait comme ça, à suivre le courant, elle finirait tôt ou tard à la dérive. Perdue. Perdue dans un monde réel. A ne pas savoir où aller, à se rendre compte que la voie dans laquelle elle était n’était peut être finalement pas la bonne. Et plus on attend, plus c’est dur de changer;

Ca l’a perturbé. Beaucoup. Comme si personne ne lui avait dit. En fait, personne ne lui avait dit. Elle était secouée, mais c’était pour son bien. Il n’était pas trop tard.

Se prendre en main ou couler

Ne croyez pas que le cas de Céline est unique. Le cas de Céline est au contraire assez général. Pourquoi ? :

– Notre société est-elle devenue trop globale, ne s’intéressant pas au bonheur de chaque individu ? Oui, c’est vrai, mais ce n’est pas la seule explication;

– Y-a-t-il un manque d’accompagnement dans l’orientation professionnelle ? C’est vrai également, mais on ne peut pas se contenter de cette réponse;

Mon avis est simple : LA PLUPART DES PERSONNES SE CONNAISSENT MAL. La plupart des personnes évitent d’écouter leurs envies, leurs motivations. La plupart des personnes imaginent qu’elles ont un poids très faible par rapport à leur avenir.

Tout cela, je l’ai dit à Céline. Elle a compris. Maintenant, la balle est dans son camp, je ne peux rien faire de mieux pour elle. Pour conclure, je lui ai demandé de faire un exercice que je réserve à ceux qui suivent cette formation. Ça l’a cloué sur place. Mais ce sera bénéfique, j’en suis sûr.

 

Credit Photo